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2012

 

Élections : un vote pour quelle société ?

 

        Dans un texte publié en octobre dernier, en amont des campagnes électorales, les évêques de France relevaient trois facteurs majeurs de transformation de notre société : le formidable développement des techniques scientifiques, la fin d'une certaine homogénéité culturelle de nos sociétés, et la revendication toujours plus forte des droits sans beaucoup s'inquiéter de des devoirs.

 

        Cette lettre du Conseil Permanent de la Conférence des Évêques de France offre aussi la réflexion suivante, fort utile pour des jours d’élections :

 

        "… Ces transformations interrogent la conception que l'on se fait de l'homme, de sa dignité et de sa vocation. Les gouvernants et les législateurs sont confrontés à des questions nouvelles. L'éclatement des références éthiques fait reposer un poids moral toujours plus lourd sur la formulation des lois. Puisqu'elles jouent inévitablement un rôle de référence morale dont il convient de tenir compte, le législateur ne peut se contenter d'enregistrer l'évolution des mœurs.

 

        Dans ce contexte, notre devoir d'évêques est de rappeler la haute importance que l'Église, depuis ses origines, reconnaît à la fonction politique. Dans une démocratie représentative, le vote est la manière par laquelle chacun peut participer à l'exercice du pouvoir. Il est donc essentiel d'y prendre part, de la manière la plus sérieuse possible. Un vote ne peut être simplement dicté par l'habitude, par l'appartenance à une classe sociale ou par la poursuite d’intérêts particuliers. Il doit prendre en compte les défis qui se présentent et viser ce qui pourra rendre notre pays plus agréable à vivre et plus humain pour tous.

 

        Comme chrétiens, nous devons être confiants : les crises qui traversent les sociétés humaines peuvent être des occasions de renouveau et d’expériences qui réorientent l'avenir. Elles ne doivent pas nous empêcher de viser toujours et en toutes circonstances le respect de la dignité de toute personne humaine, l'attention particulière aux plus faibles, le développement des coopérations avec d'autres pays, et la recherche de la justice et de la paix pour tous les peuples.

 

        Cependant, nous ne pouvons pas attendre du pouvoir politique plus qu'il ne peut donner. Élire un président de la République et choisir des représentants ne suffira pas à relever les défis qui se présentent à nous aujourd'hui. Les déséquilibres actuels, avec leurs dimensions sociales, culturelles et économiques, nous font mesurer l'apport considérable de la production industrielle et de la société de consommation, mais aussi leurs limites et leurs fragilités. Le mode de vie qui est le nôtre depuis quelques décennies ne pourra pas être celui de tous les pays du monde, ni même se maintenir perpétuellement tel quel chez nous.

 

        Depuis longtemps, avec d'autres, les papes et les évêques appellent chacun à reconsidérer sa manière de vivre, à privilégier l'être plus que l'avoir, à chercher et promouvoir un « développement intégral » pour tous. Sous des termes variés, c'est la même invitation pressante à un changement de mode de vie. Chrétiens, à bien des égards, nous sommes mieux équipés que beaucoup d'autres pour choisir ce changement plutôt que de le subir seulement. » …"

 

Le texte intégral est disponible sur le site http://www.eglise.catholique.fr/ 


Extrait du message de Carême du Pape Benoît XVI

 

« Les uns aux autres » : le don de la réciprocité

 

       … La charité envers les frères, dont l'aumône - une pratique caractéristique du Carême avec la prière et le jeûne - est une expression, s'enracine dans cette appartenance commune.

       En se souciant concrètement des plus pauvres, le chrétien peut exprimer sa participation à l'unique corps qu'est l'Église. Faire attention aux autres dans la réciprocité, c'est aussi reconnaître le bien que le Seigneur accomplit en eux et le remercier avec eux des prodiges de grâce que le Dieu bon et tout-puissant continue de réaliser dans ses enfants.

       Quand un chrétien perçoit dans l'autre l'action du Saint Esprit, il ne peut que s'en réjouir et rendre gloire au Père céleste (cf. Mt 5, 16).

 

Le texte entier est disponible sur le site Internet : http://www.eglise.catholique.fr/
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       … Aujourd'hui aussi, Dieu nous demande d'être les " gardiens " de nos frères ( cf. Gn 4, 9 ), d'instaurer des relations caractérisées par un empressement réciproque, par une attention au bien de l'autre et à tout son bien. Le grand commandement de l'amour du prochain exige et sollicite d'être conscients d'avoir une responsabilité envers celui qui, comme moi, est une créature et un enfant de Dieu : le fait d'être frères en humanité et, dans bien des cas, aussi dans la foi, doit nous amener à voir dans l'autre un véritable alter ego, aimé infiniment par le Seigneur.

                 

       Si nous cultivons ce regard de fraternité, la solidarité, la justice ainsi que la miséricorde et la compassion jailliront naturellement de notre cœur. Le Serviteur de Dieu Paul VI affirmait qu'aujourd'hui le monde souffre surtout d'un manque de fraternité : « Le monde est malade. Son mal réside moins dans la stérilisation des ressources ou dans leur accaparement par quelques-uns, que dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples » ( Lettre encyclique " Populorum progressio " du 26 mars 1967, n° 66 ).

                 

       L'attention à l'autre comporte que l'on désire pour lui ou pour elle le bien, sous tous ses aspects : physique, moral et spirituel. La culture contemporaine semble avoir perdu le sens du bien et du mal, tandis qu'il est nécessaire de répéter avec force que le bien existe et triomphe, parce que Dieu est " le bon, le bienfaisant " (Ps 119, 68). Le bien est ce qui suscite, protège et promeut la vie, la fraternité et la communion. La responsabilité envers le prochain signifie alors vouloir et faire le bien de l'autre, désirant qu'il s'ouvre lui aussi à la logique du bien ; s'intéresser au frère veut dire ouvrir les yeux sur ses nécessités …

 

Le texte entier est disponible sur le site Internet : http://www.eglise.catholique.fr/


Les rendez-vous de la foi

 

Sur la feuille d’horaires des offices du dimanche, sont de plus en plus indiquées des célébrations de la Parole de Dieu, préparées par des paroissiens et vécues avec ou pas la présence d’un diacre. Ce sont de beaux moments de foi.

Les messes sont moins nombreuses à cause du manque de prêtres. Mais aussi, dans certains lieux, le peu de personnes présentes engendre un recul des propositions de célébration.

Le défi est que le Christ Ressuscité soit toujours célébré et accueilli ! Mais comment le vivre sans la présence de Catholiques, en particulier des familles, des enfants et des jeunes ? Cette question n’a de réponse que dans votre cœur …


" Ce qui importe, c'est la foi qui agit par l'amour " (Lettre de Saint Paul, Apôtre, aux Galates 5,6)

 

       En 2005, le Pape Benoît XVI a rappelé, dans son encyclique " Deus Caritas est "( n° 25 ), le triple axe de la mission de l'Église : « La nature profonde de l'Église s'exprime dans une triple tâche : annonce de la Parole de Dieu (martyria), célébration des sacrements (leitourgia), service de la charité (diakonia). Ce sont trois tâches qui s'appellent l'une l'autre et qui ne peuvent être séparées l'une de l'autre. ».

       A la suite de leurs travaux sur les nouvelles pauvretés, les évêques de France ont rappelé l'importance de l'articulation de ces trois tâches et lancé un appel pour resituer le "service de la charité" au cœur de la vie des communautés : « Tous, nous sommes appelés à mettre la "diaconie" au cœur de notre action : "car c'est un exemple que je vous ai donné" » ( Jean 13, 15 ; Lettre aux communautés chrétiennes, « La charité du Christ nous presse », Lourdes, 2009 ).

       La diaconie désigne les divers engagements sociaux des communautés chrétiennes. Elle est la mise en oeuvre de l'Évangile de Jésus Christ au service de la personne, notamment des plus pauvres; mais elle est beaucoup plus vaste que le caritatif : elle touche et fonde toute vie chrétienne.

       Dans cet esprit, le Conseil national pour la Solidarité de l’Église Catholique a demandé l'établissement d'une démarche intitulée "Diaconia 2013 - Servons la Fraternité", afin que le service des frères redevienne l'affaire de tous les baptisés, et non plus seulement des organismes spécialisés. Le service des frères est un ''lieu-source'' pour la foi de chaque baptisé et non pas seulement une conséquence éthique de la foi.

 

       Dans une démarche progressive sur trois années il s’agit :

       - d’élargir la responsabilité du "service de la charité" à l'ensemble des composantes de l'Église, des personnes et des groupes, de façon décloisonnée et largement ouverte sur la société.

       - de soutenir les communautés chrétiennes dans leurs démarches de rencontre et de partage fraternel avec les personnes vivant des situations de pauvreté, d'exclusion ou de souffrance.   

       - de rassembler à Lourdes, pour l’Ascension 2013, tous ceux qui souhaitent partager en chrétiens leurs expériences d'engagement dans la société pour la solidarité, la promotion de la justice et la fraternité avec les pauvres.

 

       Déjà, chacun de nous est invité à regarder ce qu’il vit chaque jour de la fraternité, en donnant ou en recevant avec d’autres. Tout ce qui est ainsi vécu peut être mis par écrit pour constituer d’un côté, un livre des merveilles et d’un autre côté, un livre des fragilités avec le relevé des manques et des besoins.

       Si vous écrivez vos propres témoignages, merci de les faire passer, pour qu’ils soient mis en commun, à l’accueil des paroisses à Embrun...


 

2011

 

 

Temps de l’Avent, de souffrance … d’espérance ?

Sur un champ d’oliviers à flanc de colline et battu par la pluie, le Père Ibrahim Shomali, curé de Beit Jala, a célébré, vendredi 19 novembre, une messe en plein air devant une trentaine de fidèles.

Derrière l’autel de fortune, une vaste banderole tendue entre deux arbres revendique « Nous vivons et nous existons ici ». Le Père Shomali a pris la tête d’une résistance « pacifique et spirituelle » contre la construction prochaine, sur ces terres de Beit Jala, du mur érigé par Israël pour séparer l’État hébreu des Territoires palestiniens de Cisjordanie.

Plus de 5 hectares de terre confisqués

« Ces terres, la dernière zone verte laissée aux Chrétiens de Beit Jala, sont le seul endroit où ils peuvent encore construire des maisons et cultiver leurs oliviers. 57 familles chrétiennes qui possèdent des terrains sont concernées par la future construction du mur ici », explique le prêtre en désignant par de grands gestes le futur tracé du mur.

Selon l’ONG palestinienne Arij, c’est le 13 octobre dernier que la municipalité de Beit Jala, ville chrétienne qui jouxte Bethléem, a reçu deux ordres militaires annonçant une nouvelle confiscation de plus de 52 dunams ( plus de 5 hectares ) pour poursuivre la construction du mur selon un nouvel itinéraire.

L’association précise qu’à terme, lorsque les 12 kilomètres de barrière seront construits sur la localité, plus de 640 hectares seront isolés de l’autre côté du mur, soit 45 % des terres initiales de Beit Jala.

 

Recours devant un tribunal Israëlien

 

Les Palestiniens de la ville ont déposé un recours contre le tracé du mur devant la justice israélienne, qui devrait trancher avant la fin de l’année. D’ici là, le P. Shomali continuera d’y célébrer une messe en plein air chaque vendredi.

« Ce sont les jeunes de Beit Jala qui sont venus me demander », raconte le curé au regard déterminé, qui, en quelques minutes, a enfilé sa chasuble, distribué des livres de prière et dressé l’autel sur la terre boueuse. « La politique, ici, est notre pain quotidien, constate-t-il. Nous n’avons pas le choix, nous devons le manger chaque jour. »

 

Véronique Chocron, à Beit Jala, Cisjordanie

                                                                      

Transmis par le Père Jean-Claude Sauzet, aumônier national du CCFD – Terre Solidaire

Voir aussi le site Internet : http://jerusalem-religions.net/


La Semaine Missionnaire Mondiale qui se déroule du 16 au 23 octobre 2011, a pour thème : " Tu aimeras ton prochain comme toi-même ". Il est bon de situer ce commandement de Jésus comme un élément essentiel de l’annonce de l’Évangile.

      Cette annonce qui est l’une des raisons d’être de l’Église et qui concerne tous les baptisés est loin d’être terminée. Bien des peuples dans le monde, bien des personnes autour de nous n’ont pas entendu le message de vie et de salut incarné par Jésus et que l’Église doit faire connaître sans relâche.

      De plus, aujourd’hui, il se trouve des personnes qui ont entendu l’Évangile mais qui l’ont oublié ou elles ont pris des distances avec l’Église. Le message évangélique qui invite à aimer Dieu par-dessus tout est abandonné, Dieu est laissé de côté, et l’amour du prochain vécu à la manière du Christ et dans l’esprit du Christ se trouve relativisé et amoindri. Un humanisme sans Dieu existe.

      Cette situation rend d’autant plus urgente la mission de l’Église, une mission capable de renouveler l’Église dans son ardeur à proposer la foi à tous les hommes. ( … )

                                                     

+ Philippe Guéneley, évêque de la Marne

Site Internet : http://www.mission.catholique.fr/


 

Sur le chemin du Carême

 

Les souffrances des chrétiens d'Irak présentées au Parlement Européen

 

        Deux évêques irakiens, Mgr Bashar Warda, d’Erbil et Mgr Amil Nona, de Mossoul, ont rencontré la semaine dernière, à Bruxelles , le président du Conseil Européen, Hermann Van Rompuy qui s’est informé sur les conditions de vie de la population irakienne, sur les droits des femmes et sur la manière dont l’Europe peut les aider.

        Au cours de l’entretien, qui entre le cadre de visites organisées par l’association internationale " Aide à l’Eglise En Détresse " ( A.E.D. ; http://www.aed-france.org/ ), qui soutient les chrétiens persécutés, les deux évêques de rite chaldéen ont rappelé qu’il n’y a pas de liberté religieuse en Irak et que les fidèles ont besoin d’aides pour bâtir des écoles, fréquentées à 90% par des élèves musulmans.

                       

        « L’instruction aiderait à développer une nouvelle culture ainsi que la liberté religieuse, ouvrant de nouvelles perspectives pour les jeunes », a souligné Mgr Warda.

                       

       Concernant la situation des droits de l’homme dans le pays, les deux archevêques ont fait part de leur pessimisme, face aux violences, enlèvements et actes d’intimidation incessants dont les chrétiens sont victimes, obligeant des milliers de familles chrétiennes à quitter leurs diocèses respectifs.

                       

        A Mossoul, selon Mgr Nona, chrétiens et édifices religieux sont la cible d’attaques répétées. Il en est de même à Erbil, a souligné de son côté Mgr Warda, où, depuis 2003, ce sont près de 500 chrétiens qui ont été tués pour des raisons religieuses et politiques, tandis que 66 églises ont été attaquées.

                       

        Les deux évêques ont rencontré des membres du Parlement Européen et de la Commission Européenne.

20 septembre 2011 ; Agence de Presse Zenit ;http://www.zenit.org/


Pendant ce Carême 2011, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement - Terre Solidaire nous propose un éclairage sur les Droits de l’Homme à la lumière de la Bible et de la foi chrétienne.

La démarche spirituelle, enracinée dans la Parole de Dieu de chaque dimanche de Carême, est tournée vers la solidarité et le monde d’aujourd’hui.

 

Le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni la hauteur de sa taille, car je l’ai écarté. Il ne s’agit pas de ce que voient les hommes, car ils ne voient que les yeux, mais le Seigneur voit le cœur. »                                     Premier livre de Samuel 16, 1-13

 

Les droits fondamentaux viennent d’Occident et sont aussi le produit d’une culture. Alors ? Sont-ils universels ou particuliers ? De nombreux récits dans l’Évangile nous décrivent les rencontres de Jésus avec des hommes et des femmes d’ailleurs, libres de reconnaître en Jésus le Christ.

Pour Geneviève Comeau, l’universel n’est pas dans l’application uniforme d’une norme ou d’un modèle mais dans la rencontre ou le témoignage vécu et partagé, dans la joie d’accueillir ou d’être accueilli. Nous sommes, en tant que chrétiens, appelés à être témoins de la façon dont nous avons été touchés par le Christ, de cette joie et de cette espérance qui débordent de nos cœurs pour se transmettre et devenir universelles.

                                  

La foi chrétienne n’est pas comme une technique découverte quelque part et qui peut ensuite se mondialiser sans peine ; au contraire, c’est à chacun de la faire sienne, quasiment chaque jour. Elle est donc universelle comme une joie qui se partage, une espérance qui se communique.                                                             Sœur Geneviève Comeau

 

Voici les questions offertes à la réflexion et à la prière de chacun pour cette quatrième semaine de Carême :

- À quel moment me suis-je senti reconnu comme témoin de ma foi en Jésus-Christ ?

- Ai-je déjà été touché par la foi d’une personne étrangère ?

- Le " Notre Père " est signe de la fraternité universelle des chrétiens.

   À quelle occasion l’ai-je ressenti ? Comment l’ai-je vécu ?

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« Car ce n’est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi. Ne rougis donc pas du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi son prisonnier, mais souffre plutôt avec moi pour l’Évangile, soutenu par la force de Dieu, qui nous a sauvés et nous a appelés d’un saint appel. » (Deuxième épître de Saint Paul, Apôtre, à Timothée 1, 7-10)

 

Dieu a donné à chacun un esprit de force pour être au service de l’Évangile, nous dit saint Paul, chacun à sa façon et selon sa situation.
Depuis 50 ans, le CCFD - Terre Solidaire est nourri de et appel, notamment dans ses liens avec les associations partenaires dont il soutient les projets.

Permettre à chacun d’agir en responsabilité à son propre niveau, aider sans faire à la place de l’autre, telles sont les définitions de la subsidiarité dont nous entretient le Père Henri Madelin. La subsidiarité est tout le contraire d’une politique totalitaire.

Une personne, une famille, une communauté de base sait ce qui est bon pour elle. L’État doit laisser à chacun le goût de créer, de prendre la parole, d’avoir un sens critique et n’intervenir que pour apporter un mieux-être que lui seul est en mesure de fournir.

C’est un principe politique à susciter ou à renforcer dans un monde où les démocraties sont rares.

« Le choix de la subsidiarité est un choix politique et philosophique, avant d’être un acte juridique. Il veut montrer que la priorité dans l’organisation d’une société est de toujours respecter ce qui s’opère au plus près des gens et de ne privilégier des cercles plus larges que s’ils peuvent faire « mieux » que ceux situés en bas de l’échelle sociale. » (Père Henri Madelin)

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La femme Samaritaine dit à Jésus : « Je sais que le Messie doit venir, celui qu’on appelle le Christ. Quand il viendra, il dévoilera tout ». Jésus lui dit : « C’est Moi, celui qui te parle ». Là-dessus arrivèrent ses disciples, et ils s’étonnèrent qu’il parlât à une femme. Pourtant pas un ne dit : « Que cherches-tu ? ou De quoi parles-tu ? » La femme alors laissa là sa cruche, courut à la ville et dit aux gens : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ».

 

Évangile selon Saint Jean   4, 25-30

 

       Contrairement à toute attente, Jésus parle à une femme, une femme de Samarie. De même qu’avec Zachée ou le centurion, il semble privilégier l’étranger, celui qui est différent, pour entrer en relation avec lui. De même, Soeur Marie-Laure Dénès nous rappelle que dotés d’une égale dignité, homme et femme n’en sont pas moins différents et qu’ils se complètent l’un l’autre.

        Ainsi vécue comme complémentarité, l’altérité devient source de mieux-être. C’est dans cet esprit que le CCFD - Terre Solidaire travaille à la promotion et la défense des droits des femmes. Dans l’égalité, la relation homme femme devient complémentarité et vecteur de développement.

        Homme et femme il les créa. Dès le départ, la condition humaine est celle de l’incomplétude. Je ne perçois pas le monde de la même façon si je suis homme ou femme … Il n’y a pas de hiérarchie, de mieux ou de moins bien ; il y a l’altérité qui m’est inaccessible.

Sœur Marie-Laure Dénès

 

        Voici les questions offertes à la réflexion et à la prière de chacun pour cette troisième semaine de Carême :

 

      - « Ils s’étonnèrent qu’il parlât à une femme ». Comment interpréter l’étonnement des disciples ?

          - Dans quelle situation la complémentarité homme-femme s’est-elle révélée à moi ?

                

                -À votre avis, malgré la tolérance et le respect des cultures, faut-il se battre contre certains principes culturels qui remettent en cause l’égalité homme-femme ?

Voici les questions offertes à la réflexion et à la prière de chacun pour cette deuxième semaine de Carême :

- Comment je vis ce principe de subsidiarité au sein de ma famille, au travail… ?

- Ne suis-je pas enclin à faire à la place de l’autre, à décider pour lui ?

- Comment redonner de la dignité à ceux qui croient l’avoir perdue (clandestins, SDF, etc.) ?


 

Message de Benoît XVI pour la 19ème Journée Mondiale du Malade   ( extrait )

 

            ( … )   Dans la perspective de la rencontre de Madrid en août prochain, pour la Journée Mondiale des Jeunes, je voudrais aussi tourner ma pensée particulièrement vers les jeunes, et plus spécialement vers ceux qui vivent l'expérience de la maladie. Souvent, la Passion, la Croix de Jésus, font peur parce qu'elles apparaissent comme étant la négation de la vie.

        En réalité, c'est exactement le contraire ! La Croix est le "Oui" de Dieu à l'homme, l'expression la plus haute et la plus intense de Son amour, et la source d'où jaillit la vie éternelle. Cette vie divine a jailli du cœur transpercé de Jésus. Il est le seul qui soit capable de libérer le monde du mal et de faire se diffuser son Royaume de justice, de paix et d'amour auquel nous aspirons tous ( cf. Message pour la Journée Mondiale des Jeunes 2011, 3 ).

        Mes jeunes amis, apprenez à " voir " et à " rencontrer " Jésus dans l'Eucharistie, où il est réellement présent pour nous jusqu'à se faire nourriture pour le chemin ; mais sachez aussi le reconnaître et le servir dans les pauvres, les malades, les frères souffrants et en difficulté, qui ont besoin de votre aide ( cf. ibid., 4 ).

        A vous tous, les jeunes, qui êtes malades ou non, je redis l'invitation à créer des ponts d'amour et de solidarité, pour que personne ne se sente seul, mais proche de Dieu et faisant partie de la grande famille de Ses enfants ( cf. Audience générale, 15 novembre 2006 ).   ( … )


 

Message de Benoît XVI pour la 19ème Journée Mondiale du Malade   ( extrait )

 

( … ) A vous tous qui êtes malades et qui souffrez, je dis que c'est justement à travers les blessures du Christ qu'avec les yeux de l'espoir, que nous pouvons voir tous les maux qui affligent l'humanité. En ressuscitant, le Seigneur n'a pas enlevé au monde la souffrance et le mal, mais il les a vaincus à la racine.

        A la force du Mal, il a opposé la toute-puissance de son Amour. Et il nous a indiqué alors que le chemin de la paix et de la joie, c'est l'Amour : " Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres " (Jean 13,34). Christ, vainqueur de la mort, est vivant parmi nous !

        Et tandis qu'avec saint Thomas nous disons nous aussi : " Mon Seigneur et mon Dieu ! ", suivons notre Maître dans la disponibilité à donner notre vie pour nos frères (cf. 1 Jean 3,16) en devenant des messagers d'une joie qui ne craint pas la douleur, la joie de la Résurrection.

        Saint Bernard affirme : " Dieu ne peut pas pâtir, mais il peut compatir ". Dieu, la Vérité et l'Amour en personne, a voulu souffrir pour nous et avec nous ; il s'est fait homme pour pouvoir com-patir avec l'homme, réellement, dans la chair et dans le sang.

        Alors, dans toute souffrance humaine Quelqu'Un est entré, qui partage la souffrance et la patience; dans toute souffrance, se diffuse la consolation, la consolation de l'amour qui vient de Dieu qui participe, pour faire surgir l'étoile de l'espérance ( cf. Lettre encyclique. Spe salvi, 39 ).

        Chers frères et chères sœurs, je vous redis ce message pour que vous en soyez les témoins à travers votre souffrance, votre vie et votre foi. ( … )


 

Message du pape Benoît XVI pour le 16 janvier 2011, 97ème journée mondiale du migrant et du réfugié : « une seule famille humaine »

 

       La Journée mondiale du migrant et du réfugié offre l'occasion, pour toute l'Église, de réfléchir sur un thème lié au phénomène croissant de la migration, de prier afin que les cœurs s'ouvrent à l'accueil chrétien et d'œuvrer afin que croissent dans le monde la justice et la charité, piliers de l'édification d'une paix authentique et durable. « Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres » ( Jn 13, 34 ) est l'invitation que le Seigneur nous adresse avec force et nous renouvelle constamment: si le Père nous appelle à être des fils bien-aimés dans son Fils préféré, il nous appelle aussi à nous reconnaître tous comme frères dans le Christ.

 

       De ce lien profond entre tous les êtres humains découle le thème que j'ai choisi cette année pour notre réflexion: « Une seule famille humaine », une seule famille de frères et sœurs dans des sociétés qui deviennent toujours plus multiethniques et interculturelles, où les personnes de diverses religions aussi sont encouragées au dialogue, afin que l'on puisse parvenir à une coexistence sereine et fructueuse dans le respect des différences légitimes. ( … )

 

       Le chemin est le même, celui de la vie, mais les situations que nous traversons sur ce parcours sont différentes: beaucoup de personnes doivent affronter l'expérience difficile de la migration, dans ses différentes expressions: intérieures ou internationales, permanentes ou saisonnières, économiques ou politiques, volontaires ou forcées. Dans divers cas, le départ de son propre pays est provoqué par différentes formes de persécutions, de sorte que la fuite devient nécessaire.

 

       De plus, le phénomène même de la mondialisation, caractéristique de notre époque, n'est pas seulement un processus socio-économique, mais comporte également « une humanité qui devient de plus en plus interconnectée », dépassant les frontières géographiques et culturelles.

             

       A ce propos, l'Église ne cesse de rappeler que le sens profond de ce processus historique et son critère éthique fondamental découlent précisément de l'unité de la famille humaine et de son développement dans le bien ( cf. Benoît XVI, Enc. Caritas in Veritate, n° 42 ). Tous, appartiennent donc à une unique famille, migrants et populations locales qui les accueillent, et tous ont le même droit de bénéficier des biens de la terre, dont la destination est universelle, comme l'enseigne la doctrine sociale de l'Eglise. C'est ici que trouvent leur fondement la solidarité et le partage. (…)

 

       C'est à la lumière du thème « une seule famille », qu'il faut considérer de façon spécifique la situation des réfugiés et des autres migrants forcés, qui représentent une part importante du phénomène migratoire. A l'égard de ces personnes, qui fuient les violences et les persécutions, la Communauté internationale a pris des engagements précis. Le respect de leurs droits, ainsi que des justes préoccupations pour la sécurité et la cohésion sociale, favorisent une coexistence stable et harmonieuse. ( … )

 

       Cela signifie qu'il faudra aider ceux qui sont contraints de quitter leurs maisons ou leur terre à trouver un lieu où ils pourront vivre dans la paix et la sécurité, travailler et assumer les droits et les devoirs existant dans le pays qui les accueille, en contribuant au bien commun, sans oublier la dimension religieuse de la vie. ( … )


Euthanasie : avec le débat au Sénat, sur la fin de vie, vous pouvez lire ci-dessous la déclaration du Collectif " Plus digne la vie ", fondé par le Professeur Emmanuel Hirsch.
Ce comité rassemble des personnalités des mondes médical, politique, philosophique, associatif …

Il fonde sa réflexion sur le principe constitutionnel de l’égale dignité de toutes les personnes humaines ( Pour en savoir plus, visitez le site Internet de ce Collectif  : http://www.plusdignelavie.com ).

 

 

Manifeste citoyen pour la dignité de la personne en fin de vie

 

 

        Nous sommes des citoyens attachés à la dignité de l’être humain telle qu’elle est affirmée dans l'article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

 

        Nos convictions politiques, philosophiques ou religieuses sont aussi variées que représentatives de la diversité d’opinion de notre société. Mais nous sommes convaincus que tout dispositif législatif visant à reconnaître un droit à une injection létale et/ou à un suicide assisté constituerait un contresens grave faisant courir des risques aux plus vulnérables et aux plus démunis d’entre nous. À ce moment ultime de la fin de vie, ce droit présenté comme une liberté ignore que l'approche de la mort bouleverse souvent les anticipations les plus radicales.

 

        Alors que notre pays s’apprête à débattre du financement de la dépendance, de l’effort qu’elle va représenter pour les plus jeunes et les générations futures, notre vigilance est un impératif. Elle commande de ne pas se donner des moyens législatifs qui pourraient être détournés à des fins de pression sur des personnes dépendantes, auxquelles on présenterait la mort choisie comme une solution citoyenne généreuse.

        De plus, confier aux professionnels de santé la fonction spécifique de pratiquer des injections mortelles sur les lieux mêmes où ils soignent, s’avère contraire à leur mission. Une telle position les exposerait au risque de substituer le pouvoir de faire mourir à celui d’un acharnement thérapeutique si redouté. Les médecins y ont sagement renoncé. Aucun motif ne saurait autoriser quiconque à décider qu’une vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Dans l’expérience unanime des soignants, la personne en fin de vie sollicite plus que tout, une présence humaine partagée.

 

       Nous considérons que la France, en se dotant de lois reconnaissant le droit à mourir soulagé et accompagné (loi du 9 juin 1999 visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs et le droit à mourir sans subir d’obstination déraisonnable ( loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie ), répond de manière adaptée à de légitimes besoins.

        C’est notamment le cas pour des personnes en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, ainsi que pour des patients maintenus artificiellement en vie dans des situations parfois provoquées par les avancées des techniques biomédicales. Le législateur a également pris en compte le désir des malades qui ne sont pas en fin de vie et refusent tout traitement, les laissant juges de ce qui leur convient.

 

        En sauvegardant la dignité des malades et en garantissant des procédures d’arrêt de traitement transparentes et collégiales, la législation française est la plus avancée au monde. Ouvrir un droit à la mort serait la remettre en cause et constituerait une régression éthique, sociale et médicale. *

        Nous considérons que le dispositif français actuel ( notamment la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie ), bien qu’ayant pour vocation d’inspirer de nombreux autres pays, n’est malheureusement pas suffisamment connu et mis en oeuvre en France même.

        Plutôt que de vouloir légaliser des pratiques euthanasiques, nous affirmons que la priorité et le devoir des décideurs politiques devraient être de favoriser l’application de la loi en assurant un égal accès de tous les malades qui en éprouvent le besoin aux soins palliatifs, ainsi qu’une meilleure prise en charge spécifique des situations les plus complexes.

(13 janvier 2011)

 

* Sur la base des chiffres officiels concernant la pratique des euthanasies en Flandre, on peut estimer pour la France à plus de 10 000 par an le nombre de décès susceptibles d'être provoqués dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions prévues par les propositions de loi qui seront discutées au Sénat le 25 janvier 2011.


 

Les prières de 2011 pour la Semaine de Prière pour l’Unité Chrétienne ont été préparées par les chrétiens de Jérusalem, qui ont choisi le thème d’Actes 2,42 : « Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. ». Cette semaine va du 18 au 25 janvier.

Ce thème nous rappelle les origines de la première Église, à Jérusalem ; il appelle à la réflexion et au renouveau, à un retour aux fondements de la foi ; il invite à se remémorer l’époque où l’Église était encore unie.

Quatre éléments sont présentés à l’intérieur de ce thème ; ce furent des traits marquants de la communauté chrétienne des origines et ils sont essentiels pour la vie de toute communauté chrétienne.

Tout d’abord, la Parole a été transmise par les apôtres. Deuxièmement, l’un des traits marquants de la première communauté croyante lorsqu’elle se réunissait, était la communion fraternelle (koinonia). Un troisième trait de l’Église primitive consistait à célébrer l’Eucharistie ( la " fraction du pain " ), en mémoire de la Nouvelle Alliance que Jésus a accomplie à travers ses souffrances, sa mort et sa résurrection. Le quatrième aspect était l’offrande d’une prière continuelle. Ces quatre éléments sont les piliers de la vie de l’Église et de son unité.

La communauté chrétienne de Terre Sainte entend mettre en relief ces éléments fondamentaux et prie Dieu pour l’unité et la vitalité de l’Église répandue à travers le monde. Les chrétiens de Jérusalem invitent leurs sœurs et frères de par le monde à s’unir à leur prière dans leur lutte pour la justice, la paix et la prospérité de tous les peuples de cette terre.


 

2010

 

Solidarité avec les familles de ceux qui sont morts dans le « massacre » de la cathédrale de Bagdad

 

        Le Synode des évêques pour le Moyen-Orient vient de se terminer. Il représente de toute évidence pour les chrétiens d'Orient un grand appel d'air. Les chrétiens d'Irak en particulier, qui ont tant souffert, pouvaient y trouver un nouvel indicateur d'espérance. Les fruits demandent bien entendu encore à être récoltés. Mais en Irak on était dès à présent fondé à se dire qu'un avenir devient possible sur la base d'un dialogue respectueux entre les religions et une claire reconnaissance par tous des droits de chacun.

 

        Sur cette même terre d'Irak un mieux semblait par ailleurs se manifester pour la population du côté de la stabilité institutionnelle et de la tranquillité sociale.

 

        Et voici que de nouveau c'est l'épreuve ! Les lueurs d'espérance et de vie qui étaient apparues à l'horizon sont ternies par la violence et la mort. Pax Christi France, particulièrement soucieux de la destinée de ses frères irakiens, veut leur dire l'horreur que tous éprouvent devant les nouvelles menées du terrorisme qui une fois de plus touchent cruellement les chrétiens, et pas seulement les chrétiens. Nous voulons exprimer du fond du cœur notre profonde solidarité avec les familles de ceux qui sont morts dans le « massacre » de la cathédrale de Bagdad et avec tous ceux qui aujourd'hui vivent dans la souffrance et l'angoisse.

 

        Il n'est pas possible de se taire quand on tue avec un total cynisme l'espérance d'hommes et de femmes qui n'ont qu'une seule aspiration, vivre dans la paix et l'harmonie leur vie familiale et sociale. Nous dénonçons avec force le nouveau crime qui vient d'être commis à Bagdad et nous demandons à tous les amis de la paix et de la justice de le dénoncer avec nous. Nous remercions vivement Monsieur Mohammed Moussaoui, président du Conseil Français du Culte Musulman et Monsieur Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, de s'être déjà clairement engagés dans ce sens là et d'avoir condamné sans équivoque le dévoiement de la religion musulmane par des courants extrémistes. Ne pourrions-nous pas poursuivre une réflexion commune pour pallier de telles dérives et faire avancer dans ce monde déchiré le dialogue, le respect et la communion ?

 

        Une fois encore nous nous tournons vers nos responsables politiques. Ils ont le devoir d'intervenir pour consolider les bases si fragiles de la paix et de la sécurité en Irak, au bénéfice non seulement des chrétiens, mais aussi de tous ceux qui sont menacés et entravés dans le déroulement harmonieux de leur vie quotidienne. La France est, elle aussi, aujourd'hui dans le collimateur de forces violentes. Elle a d'autant plus le devoir d'agir - avec responsabilité - en faveur de ceux qui ont moins que nous les moyens de se défendre.

 

        Ne baissons pas la garde. L'homme continue à souffrir à cause de l'homme. Nous avons donc l'ardente obligation de travailler avec une détermination renouvelée à l'instauration de la justice et de la paix.

 

         + Marc Stenger, évêque de Troyes, président de Pax Christi France

         Site Internet des évêques de France : http://www.eglise.catholique.fr/


Projet de loi sur l'immigration : déclaration des évêques de la Commission pour la Mission Universelle de l'Église

 

En ce mois de septembre, sera présenté à l'Assemblée Nationale le projet de loi sur l'immigration proposé par Monsieur Eric Besson, Ministre.

 

L'État a le devoir d'établir des règles. Dans le domaine de l'immigration, le gouvernement est amené à procéder à la régulation des flux migratoires, prenant en compte le bien commun. Les responsables politiques ont donc à prendre des décisions difficiles, nous le savons bien. Mais, comme évêques catholiques, nous souhaitons dire ce qui, dans le projet tel qu'il est, questionne notre conscience :

 

• La famille est la cellule de base de la société. Pour les migrants, elle joue un rôle essentiel dans leur insertion. Il nous faut combattre toute mesure contribuant à l'affaiblir.

• Le droit d'asile a toujours été défendu par l'Église. Les mesures qui tendent à diminuer le soutien ou les garanties d'une procédure équitable sont inacceptables.

• L'intervention du juge des libertés est indispensable pour entendre la parole des personnes privées de liberté. Retarder cette intervention ou la limiter dans les lieux de plus grande fragilité contrevient à ce droit, y compris dans le cadre de la rétention administrative.

• L'aide humanitaire aux migrants en difficulté ne doit jamais être confondue avec l'activité délictuelle des « passeurs ».

• Il serait regrettable que notre pays contribue à ce qu'on appelle la « fuite des cerveaux », dont les pays en voie de développement ont le plus grand besoin.

 

Avec de nombreux chrétiens qui vivent dans les quartiers les plus pauvres, notamment les communautés religieuses, nous savons ce qu'apportent à notre pays de très nombreux migrants, par leur travail, leur énergie et leur honneur. Nous n'oublions pas les épreuves qu'ils ont dû traverser lors de leur migration.

 

Nous exprimons également notre reconnaissance et notre soutien à tous ceux qui, personnellement ou en association, se mettent à leur service, dans le désintéressement le plus grand.

 

Les évêques de la Commission pour la Mission Universelle de l'Église (CEMUE)

Mgr François Garnier (Cambrai) ; Mgr Raymond Centène (Vannes - Pastorale des Gens du voyage) ;

Mgr Renaud de Dinechin (Pastorale des Migrants) ; Mgr Thierry Jordan (Reims) ;

Mgr Dominique Rey (Fréjus-Toulon) ; Mgr Claude Schockert (Belfort-Montbéliard - Pastorale des Migrants) ; Mgr Marc Stenger (Troyes)

20 septembre 2010

 

Pour approfondir, visitez le site Internet de la Conférence des Évêques de France : http://www.eglise.catholique.fr/


Vivre le Carême en 2010

 

Vivre le Carême dans la vie de tous les jours, rappelle le C.C.F.D., c’est accepter de se remettre en question. Une maman ou un papa penseront d’abord à leurs enfants plutôt qu’à eux quand il s’agit de faire une dépense. Gardons la même attitude pour les relations extra-familiales, pour les hommes et les femmes les plus abandonnés, loin de nos frontières, sans sécurité d’aucune sorte. La garantie de pouvoir subvenir à ses propres besoins essentiels permet de s’engager davantage pour que le plus grand nombre bénéficie de cette solidarité.

                                                

« Religieux ou laïcs, nous sommes invités à dilater nos vies en utilisant nos dons, notre pouvoir, nos capacités et nos moyens y compris nos moyens matériels pour bâtir, dans la petitesse des gestes quotidiens comme dans les grandes options, une Terre solidaire ».

Soeur Geneviève Guénard, Auxiliatrice


 

Vivre le Carême en 2010

 

L’argent, rappelle le C.C.F.D., peut devenir un instrument de corruption et de destruction au service de l’injustice et dévaster des pays entiers. Sachons le remettre à sa place pour en faire, dans chaque pays, pour chaque peuple, un ferment d’unité, un instrument de paix, de richesse et de solidarité.

 

« De même que l'effacement de la dette des pays du Sud est devenu une nécessité, de même l'effacement de la dette des ménages pauvres, piégés par le crédit à la consommation, est impératif si nous voulons préserver le lien social.

Une priorité bien plus urgente que le sauvetage des acquis du système financier. Tout notre rapport à l'argent se dit dans cette priorité. »

 

Père Gaël Giraud, économiste, Jésuite

 


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